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Un petit tour et puis s'en va

Le 6 juin 2016, 22:06 dans Culture 0

J'ai testé Publicoton comme platerforme de bloggin, mais je n'en suis pas tout à fait satisfaite. Impossible de justifier le texte, rien que cela me rend malade ! Je n'ai pas compris non plus comment éditer après publication (ça coince sur mon mac mais ça fonctionne depuis l'ordi du boulot) ... bref, je m'en vais sur Blogger que je maîtrise sans souci, et où je copie mes 3 premiers articles. En attendant que je comprenne comment supprimer ce blog, rendez-vous ici :

http://blognotesdemee.blogspot.fr

"Expérimenter" / The Stanley Milgram Story

Le 6 juin 2016, 16:22 dans TV Ciné 0

 

 

Il y a plus de 20 ans, pour l'étudiante 'naïve' en première année que j'étais, le cours de psychosocio était sans doute le plus intéressant, et le recit de l'expérience dite de "Soumission à l'Autorité" de Stanley Milgram reste gravé dans ma mémoire.

D'abord évidemment par son enseignement sur la façon dont le contexte est un (voire le) déterminant majeur de nombreux comportements humains, bien plus que des dispositions internes, individuelles dites de personnalité. Ensuite par le lien explicitement fait par Milgram (du fait de son histoire familiale) entre les résultats de ses travaux et les évènements tragiques de la 2nde guerre mondiale, et plus largement la question de ce qui peut amener n'importe quel être humain 'lambda' à torturer voire tuer son prochain si le contexte s'y prête. En l'occurence lorsqu'une autorité, ici scientifique, perçue comme légitime et assumant toute la responsabilité, demande à un individu de prendre part à une expérience décrite comme importante pour la Science et recquierant sa collaboration. Loin d'être des psychopathes sans coeur, les individus exécutent avec un très grand inconfort la tâche demandée (infliger des chocs électriques douloureux à autrui), mais 65 % d'entre eux vont jusqu'au bout de l'expérience, alors qu'ils peuvent penser que les chocs ont pu tuer le cobaye.

Les expériences de psychosociologie comme celle de Milgram ont forcément fait polémique à l'époque, et seraient difficilement reproductibles de nos jours, car elles posent la question éthique de la manipulation des sujets. En cela, et par leur portée politique, elles parlent aussi d'une époque foisonnante dans le domaine de la recherche en psychologie, dont sont issus de nouveaux courants cliniques et psychothérapeutiques, alternatifs aux  anciennes théories psychanalytiques, et basés sur les découvertes expérimentales sociologiques, systémiques, neuropsychologiques, etc. Il y avait tout à inventer et un monde à refaire dans les années 60/70 !

C'est de cela dont parle ce film, qui donc rien que pour cette raison mérite d'être vu. Mais le sujet réel du film ce n'est pas tant l'expérience que l'expérimentateur (d'où le titre). Le narrateur est Milgram lui-même, incarné par P. Sarsgaard, que j'ai trouvé charismatique même si paradoxalement enfermé dans le rôle d'un personnage froid, obsessionnel, qui explique face caméra de façon tout à fait factuelle ses travaux, son histoire, sans que l'on parvienne à percer la carapace du chercheur pour y trouver l'être humain ou ses motivation profondes. Il n'est pas non plus franchement antipathique, il est ... neutre, comme tout bon chercheur. Son épouse est jouée par Winona Ryder, elle l'accompagne dans ses recherches et bien sûr sa vie personnelle, introduisant un tiers dans cette histoire, qui permet de mettre en parallèle la relation très froide du chercheur envers les sujets de ses expériences, et la relation avec sa propre femme qui semble "faire partie" du dispositif de sa vie, et qui mènera jusqu'au bout cette "expérience" personnelle recquiérant sa présence... Milgram n'est donc jamais rien d'autre qu'un chercheur, tout le temps, il observe, note cliniquement. Il ne s'embarasse à l'évidence d'aucune émotion superflue et n'a que peu d'empathie envers ses cobayes ou le reste de l'humanité d'ailleurs. Et on se dit bien entendu que si le contexte avait été différent, peut-être aurait-il pu être un de ces scientifiques nazis infligeant des traitements inhumains sans sourciller, pour faire "avancer la connaissance". On pourrait aussi envisager un profil de type "autisme de haut niveau", qui laisserait à tort supposer une froideur émotionnelle par manque de capacité à communiquer et interagir socialement..? Ce serait paradoxal pour un psychosociologue... Bien entendu je n'ai aucune idée sur la véracité du portait psychologique de ce chercheur tel que nous le propose M. Almereyda.

Des décors statiques comme une pièce de théâtre, photographiques, volontairement "faux" comme dans les vieux films où les scènes en voiture étaient tournées sur un fond rajouté ensuite, alternent avec des huits clos parfois bavards et quelques images d'archives. Le dispositif est déroutant mais original, il donne une touche surranée, comme si la forme se voulait raccord avec l'époque où se déroule l'action et son contenu "expérimental", où tout n'est que décor et contexte. C'est un parti pris esthétique que j'ai trouvé très intéressant. C'est un film labellisé "Sundance", proposant plusieurs niveaux de lecture, assez exigeant sur le fond comme sur la forme, mais sans aucun doute déroutant, comme en témoignent les critiques très diverses.

En tout cas si vous avez l'occasion de le voir, vos avis m'intéressent comme toujours ;)

L'épinard de Yukiko / F. Boilet (2001)

Le 5 juin 2016, 00:22 dans Livres 0

J'ai lu par hasard cette BD, publiée en 2001 par un auteur français vivant au japon. Ici il ne s'agit en aucun cas de manga (je lis très peu de mangas - à la différence de mon chéri ou d'une de nos filles - n'ayant découvert que très tard ce type de BD, dont les modalités narratives et types de dessins me déroutent et ne m'accrochent pas, à mon grand regret). 

Ici nous sommes entre la BD et le roman graphique. L'auteur utilise à l'évidence des dessins réalisés à partir de photos, le tout (re)travaillé sur informatique. Il en résulte des images qui ont le réalisme du roman-photo.

D'histoire il n'y en n'a pas vraiment, c'est un récit d'ambiance, avec très peu de mots, un point de vue subjectif, où l'on observe la jolie Yukiko à travers les yeux de l'auteur narrateur, dans leur intimité sensuelle ou dans des décors typiquement japonais, intérieurs feutrés ou extérieurs urbains dont l'atmosphère est très bien captée. Une relation légère, superficielle mais tendre, il n'est pas question d'amour ici mais d'une rencontre pendant un temps donné et puis chacun repart de son côté, sans s'être attaché, comme si déjà un(e) autre avait pris la place.  

Sur la forme, je dois dire d'emblée que je ne suis pas du tout 'preneuse' du style et de la technique dessin/photo. Je n'en vois pas bien l'intérêt, et malgré toute la virtuosité de l'auteur, j'ai eu la désagréable sensation de voir des photos tranformées en dessin comme le font maintenant toutes les appli type photoshop. Le rajout de croquis entre les planches n'est pas original non plus et n'apporte rien de plus à l'histoire, ou juste une 'respiration' entre les plans très serrés. Ce qui m'a le plus intéressé c'est sans doute le découpage des plans, façon caméra subjective où le sujet est filmé au plus près. J'ai eu l'impression de voir ces vidéos intimes, où un homme capture par l'image chaque détail du visage, chaque expression, chaque pose du corps de sa belle. Mais comme je le disais plus haut, point de sentiment ici, Yukiko reste uniquement dans l'histoire un "modèle", le sujet de la BD, et quand elle part, une autre semble pouvoir la remplacer, comme si elle n'était qu'une japonaise à tee-shirt rayé parmi d'autres. Elle n'est pas non plus victime ou poupée, puisque c'est elle qui prend l'initiative de partir. Au terme de la lecture, je me demande encore si l'auteur a voulu dire quelque chose de lui, ou plus généralement du rapport entre muse et artiste, s'il y a message derrière tout ça, ou si c'est juste un peu creux...

Après ma lecture j'ai confronté mon ressenti aux critiques du net, et constaté à mon grand étonnement que celles-ci sont quasi toutes enthousiastes, parlant d'un style graphique prodigieux et d'une histoire romantique. Bon... Si vous avez lu cette BD ou en avez l'occasion, j'attends vos points de vue ! 

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